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Dernières notes


 Les 500 parrainages de Marine Le Pen

La loi électorale requiert des candidats à l'élection présidentielle d'obtenir le parrainage de 500 élus; ce chiffre a d'ailleurs été porté de 100 à 500 pour éviter les candidatures farfelues.
Comme à chaque élection présidentielle, le candidat du Front National, en l'espèce Marine Le Pen, peine, ou dit peiner, à recueillir ses 500 signatures.
Le débat est désormais lancé de savoir s'il est normal qu'une candidate, dont les sondages la situe approximativement à 18% des intentions de vote, puisse être privée de concourir à l'élection présidentielle, faute d'avoir les parrainages suffisants.
Quelques commentaires:
D'une part, une nouvelle fois, spécialité bien française, le débat sur la légitimité du palier des 500 parrainages est ré-ouvert au dernier moment et ceux parmi les acteurs politiques, quand  bien même non supportif du Front National, s'émeuvent de l'éventuelle non participation du front National à la prochaine élection présidentielle, aurait pu anticiper cette question et faire en sorte qu'elle soit résolue en temps utile; ne serait ce que parce qu'il est toujours préférable qu'une colère, même extrême, s'exprime dans les urnes que dans la rue.
D'autre part, c'est un nouvel exemple de dilution et de transfert de responsabilité en laissant aux seuls élus à trancher le dilemme entre ne pas favoriser une candidature dont les valeurs sur lesquelles elle s'appuie sont répulsives et prendre le risque d'exclure, au premier tour de l'élection présidentielle, près d'un 5ème du corps électoral.
Enfin, une pierre dans le jardin de Marine Le Pen car sa difficulté à recueillir ses parrainages illustre aussi l'échec de sa stratégie de "dédiabolisation" du Front National et ce n'est pas en s'exhibant au bal viennois de la droite européenne la plus extrême qu'elle va faciliter sa recherche .
La question se pose désormais  de savoir si finalement elle n'a pas choisi le même registre de victimisation que son père et n'aspire pas, à ce stade, et contrairement à ses affirmations, à gouverner.

Thibault Ponroy

 La mise en liquidation judiciaire de SeaFrance

SeaFrance, compagnie de transport maritime entre la France et l'Angleterre vient d'être déclarée en liquidation judiciaire par le Tribunal de Commerce de Paris.
Chacune des parties intervenantes rejette la responsabilité sur l'autre et le débat est maintenant pollué, d'une part, par un soutien gouvernemental tardif, manifestement électoraliste, envisagé sur un projet Scop de reprise par les salariés et, d'autre part, une mise en cause du comportement de la CFDT local.
Comment en est on arrivé la ?
- Une absence de vision - ou un refus d'assumer- sur l'évolution nécessaire d'un business model rendu plus difficile par la développement de la concurrence du transport humain et marchandises via le tunnel sous la Manche inauguré il y a maintenant près de 2O ans!
- Une paix sociale achetée par une Direction locale, paralysant ainsi toute évolution du business model mais un actionnaire, la SNCF, en l'espèce complaisant et l'actionnaire de l'actionnaire, l'Etat, tout aussi absent.
- Un comportement semblerait il manifestement inapproprié des structures CFDT locales, dénoncé dès 2009 par un rapport de la Cour des Comptes et la presse régionale (paradoxalement condamnée pour diffamation à l'époque), mais une structure syndicale nationale CFDT longtemps complaisante.
- Des salariés (1100) qui ont aussi leur part de responsabilité dans cet autisme collectif et le maintien des freins à l'évolution, notamment syndicaux, car il s'agissait principalement de la préservation de leur outil de travail.
Mais plus qu'un autisme collectif, c'est un formidable gâchis à la française qui met en jeu tellement d'acteurs qu'il permet ainsi la dilution de responsabilité et le déni de réalité.
C'est une vraie spécificité française que de ne pas vouloir anticiper l'évolution des différents modèles qui façonnent notre société; qu'ils soient économiques, sociaux, financiers...nous partageons une paralysie nationale à envisager et gérer leur mutation et c'est trop facile d'en rejeter la responsabilité sur les seuls politiques.
Cette situation est aussi un facteur aggravant d'un chômage structurel français (à ce jour 14,5% vs 10,2% de moyenne européenne)lié en partie à un retard quasi permanent d'adaptation aux mutations technologiques et concurrentielles.
Bien évidemment nous ne tirerons aucune leçon des conséquences de la liquidation de SeaFrance et il est à craindre que dans les mois à venir de telles situations se reproduisent mais, finalement peu importe, puisque personne n'est responsable.

Thibault Ponroy

 La loi de pénalisation de le contestation des génocides

L'Assemblée Nationale vient de voter en première lecture la loi pénalisant les contestations de génocide.
Sujet difficile et obscurci par une absence de débat de fond structuré et organisé mais aussi par la violence de la réaction turque qui en a fait une loi limitée au seul génocide arménien de 1915.
La vraie question n'est pas tant la pénalisation de tout acte de contestation d'un génocide reconnu par la loi, car il n'est aucun sens de faire une loi de condamnation sans sanction mais est ce le rôle d'un parlement national que de dire l'histoire; est ce sa fonction de qualifier et de déterminer des conséquences pénales à des faits historiques dans lesquels, en l'espèce  la France, n'a aucune part, tant directe qu'indirecte.
Toute comparaison avec le génocide juif n'aurait  aucune valeur car la France a sa part d'antisémitisme historique et de complicité avec les nazis dans l'orchestration de l'élimination d'un peuple.
Le risque des lois mémorielles et de constituer une histoire officielle -voire une vérité officielle- avec les risques de réécriture que l'on connait; l'analyse historique n'est jamais figée, elle doit être source d'analyses, de débats, de controverses surtout pas de moral alourdie par des considérations politiciennes, dont le contexte actuel pré-élection présidentielle en est malheureusement l'illustration.
Il faut laisser l'interprétation et la compréhension de l'histoire aux historiens, le rôle des politiques est de la faire.


Thibault Ponroy

 Les collections de Gertrude et Leo Stein au Grand Palais

Le Grand Palais expose jusqu'au 16 janvier 2012 les collections partiellement reconstituées de Leo et Gertrude Stein.
Issues d'une riche famille américaine, Gertrude, écrivaine américaine en rupture stylistique, et Leo Stein, accompagné de sa femme Sarah, se sont installés à Paris au début du XXème siècle.
Ils ont constitué une collection tout à fait exceptionnelle: Matisse, Picasso, Bonnard, Manet, Gris...et leurs salons respectifs, transformés en lieux d'exposition de leurs acquisitions, ont été des rendez-vous de la création européenne la plus riche de cette période animés par la personnalité  exceptionnelle de Gertrude Stein et le regard critique de Leo sur la création contemporaine.
Cette exposition illustre l'influence de certaines personnalités sur le développement de l'art moderne au début du XXème siècle, traversée par des éclairs sur la naissance de la modernité et habitée de rencontres et d'amitiés, parfois ombrageuses, notamment entre Gertrude Stein, Picasso et Matisse.
Elle entre aussi dans la tradition des grandes émotions liées à ces collections privées où on sent autant la richesse des oeuvres exposées que la passion d'une vie de collectionneur autour de ces chefs d'oeuvres.
A l'instar des collections Thyssen, Frick, Pinault, Guggenheim, Getty....Les collections Stein figurent au Panthéon de l'humanisme.
Un ensemble exceptionnel à ne pas rater.

Thibault Ponroy

 Pandore était bien grecque

Le premier ministre grec Georges Papandréou vient de décider de faire approuver le dernier accord européen sur la dette à la fois par un vote de confiance au parlement et par voie référendaire en demandant au peuple grec de se prononcer.
Il est vrai que nous ne connaissons pas encore précisément la question qui sera posée au peuple grec mais on peut s'étonner de cette double procédure d'approbation; une juxtaposition de démocratie parlementaire et populaire pouvant impliquer une surenchère parlementaire devant la perspective du vote populaire.
Que se passera t il si les deux votes ne vont pas dans le même sens ?
De la même façon, quand bien même la situation politique grec devient terriblement instable et la marge de manoeuvre du premier ministre quasi inexistante, les termes du compromis sur le traitement de la dette grecque eussent-ils été les mêmes si les négociateurs avaient eu connaissance que leur accord allait faire l'objet d'une procédure référendaire de ratification ?
L'Europe était déjà en zone dangereuse, elle vient d'entrer en pleine tempête où les pires tentations extrémistes, populistes et nationalistes risquent de se déchainer, ou son avenir même est en question.
Attention danger, la boite de Pandore est ouverte; le problème n'étant pas tant le résultat du vote populaire que de ses conséquences.
La Grèce est face a elle même et ses démons et si elle devait décider de ne pas ratifier les accords sur le traitement de la dette, elle est confrontée a sa capacité à se définir un avenir politique. La classe dirigeante grecque ne peut désormais plus fuir la désespérance de son peuple et particulièrement celle de sa jeunesse.
Elle est d'ailleurs co-responsable de la décision de son premier ministre car elle l'a acculé dans une situation d'impasse totale par ses jeux politiciens et souvent irresponsables.
C'est une question d'avenir qui sera posée au peuple grecque mais qui lui apportera de vrais éléments de réponse et non une enième tentative démagogique ?
Mais la Grèce n'est pas seule, en entrant dans cette voie elle y précipite aussi les autres nations européennes dans une situation identique ou similaire, je veux parler de l'Espagne, du Portugal, de l'Italie et de la France notamment.
2012 est une année électorale pour beaucoup de pays européens: l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne, la France.... De ce qui sortira des urnes grecques pèsera lourd sur les autres scrutins. Cette situation l'Europe l'a déjà connue, c'était dans le début des années 1930; on sait quelle fut la réponse.
C'est le paradoxe de la démocratie, le pire de tous les régimes...a l'exception de tous les autres.


Thibault Ponroy

 Pour qui sonne le glas

Mouammar Kadhafi est mort, sa disparition est une véritable libération pour le peuple libyen et la démocratie mondiale.
La Lybie va pouvoir enfin se plonger dans sa reconstruction difficile et la mise en oeuvre, puis l'apprentissage, d'institutions démocratiques dont elle n'a jamais eu l'expérience; elle s'y habituera.
Les circonstances de sa mort sont à l'image du chaos libyen et de l'amertume d'un peuple sous le joug d'une tyrannie ubuesque et sanglante depuis 42 ans.
Cependant regrettons que Mouammar Khadafi n'ait pas été arrêté puis jugé devant la Cour Pénal Internationale pour crimes contre l'humanité, crimes dont il avait été inculpé par cette même cour.
Cela aurait permis à la Libye de se pencher plus sereinement sur son passé et à la communauté internationale de se trouver aussi confronter à certaines de ses lâchetés et complaisances envers l'ancien régime libyen.
La Lybie n'échappera à cet exorcisme, il eut mieux fallu qu'elle le partage.
Pour qui sonne le glas, il sonne pour toi Mouammar.

Thibault Ponroy

 Questions sur une nouvelle légitimité

Réactions vives de Christine Boutin, et, plus inattendue, aussi de la part de Nicolas Sarkozy, quant a la première primaire socialiste organisée pour la désignation de leur candidat à la présidence de la République.
Selon ces derniers, une telle initiative serait contraire aux institutions de la Vème République.
Certes les statuts de l'UMP prévoient la possibilité de recourir au système des primaires pour le choix du ou de la  candidate à la présidence de la république et la tentation est assez forte de renvoyer N Sarkozy et C Boutin à leurs chères études.
Cependant force est de reconnaître que , en votant la réduction du mandat présidentiel à 5 ans, à l'instar de la majorité des démocraties occidentales, nous n'avions pas nécessairement anticipé l'impact sur les institutions, d'une part en définissant une durée égale pour les mandats présidentiel et ceux de l'assemblée nationale, mandats par ailleurs aujourd'hui concomitants, et, au-delà du mode de fonctionnement personnel de Nicolas Sarkozy, le nouveau dimensionnement de la fonction de Premier Ministre.
Par ailleurs, nous n'avons non plus pas encore expérimenté l'impossibilité du non renouvellement, à l'issue de deux fois 5 ans, du mandat présidentiel; particulièrement dans un pays comme la France où on préfère les joutes électorales aux débats de fond.
C'est pourquoi, s'agissant de la primaire organisée par le Parti Socialiste, on peut légitimement s'interroger si l'initiative d'une telle procédure de désignation entre dans le rôle des parties dévolues par la constitution de la Vème république et, son éventuel impact de légitimité sur un candidat investi par un corps électoral de 2,8 millions d'électeurs, dans une élection présidentielle par nature constitutive d'un lien particulier avec le peuple.
Je ne suis pas constitutionnaliste mais il me semble, de prime abord, que le parti socialiste est dans sa mission dévolue par la constitution en prenant l'initiative d'une telle procédure avec deux réserves, d'une part, celle de l'aspect censitaire du scrutin, quand bien même limité a un euro symbolique et, d'autre part, la déclaration de souscription aux valeurs de gauche dont je ne suis pas sûr qu'elles soient communément connues et constitutives d'une déclaration préalable à la participation à un scrutin réputé par ailleurs public.
Le système des primaires est il de nature a remettre en cause la nature du lien personnel entre un homme ou une femme et le peuple français, tel que l'avait souhaite le Général De Gaulle, comme l'ont soutenu les opposants à la primaire.
La encore trop tôt pour conclure mais deux remarques:  La première est qu'aucun(e) candidat(e) en France n'a pu jusqu'a présent accéder à la magistrature suprême sans le soutien ferme et résolu d'un parti structuré; on l'a vu en 2002 avec l'échec de la candidature d'Edouard Balladur. Ce lien particulier a pu se constituer a travers le soutien d'un parti, peu important la forme de l'investiture, et ne s'est finalement et définitivement tissé que lors de l'élection finale en émergeant au deuxième tour. La deuxième, c'est le risque de voir le jeu politicien biaiser la régularité d'une primaire et consacré un(e) candidat(e) non approprié(e).
La question de la légitimité m apparaît plus sérieuse.
Première fois dans l'histoire de notre république qu'un candidat à la magistrature suprême aura été choisi par un corps électoral de près de 3 millions de personnes, au-delà de sa structure partisane d'origine et , en dehors de l'élection présidentielle, plus qu'aucun autre élu en France.
La réponse appartient désormais à François Hollande de savoir ce qu'il fera de cette légitimité nouvelle et comment il va capitaliser le fait qu'il n'est désormais plus, qu'il le veuille ou non, un candidat normal.
Sa responsabilité est énorme et pas uniquement liée au fait qu'il sera, ou ne sera pas, finalement élu; elle est aussi "comportementale" et décisive dans l'évolution de nos institutions et , notamment, vers cette VIème république souhaitée par certains socialistes.

Thibault Ponroy
 

 Des fleurs devant les Apple stores

Steve Job est mort à 56 ans.
Fondateur d'Apple, sa disparition créée une profonde émotion planétaire, d'aucuns parlent de la disparition d'un génie.
A t'il changé le monde ou a t'il simplement participé à sa mise en forme en perfectionnant des techniques inventées par d'autres ?
Difficile exercice qui consiste à ne pas apparaitre pour l'atrabilaire de service mais simplement prendre un peu de recul dans cette agitation médiatique collective.
David Hepworth parle "d'un brillant fabricant de jouets" en rappelant par ailleurs que c'est un processus complexe et difficile de fabriquer des jouets.
Ce qui me surprend dans ce vaste moment d'émotion c'est le décalage profond du sens des valeurs.
D'une part, un hommage rendu à un homme non pas dans un lieu de recueillement propre à la méditation, je ne parle pas nécessairement de lieux de culte, mais dans des endroits marchands, qu'on aurait qualifié de veau d'or en des temps bibliques et un tribut à une capitalisation boursière dont on sait la relative pérennité dans les tourments financiers actuels.
D'autre part, une influence présumée sur l'évolution du monde, un pouvoir attribué à du marketing et un design incroyablement talentueux, mais du marketing tout de même.
Mais surtout il y avait l'homme, avec ses exigences extrêmes à la hauteur de ses ambitions et de ses passions toutes aussi extrêmes.
Je retiens de lui sa conclusion du discours prononcé à de jeunes étudiants diplômés lors de la cérémonie de sortie de leur promotion à Stanford University: " Stay hungry,  Stay foolish ", au delà de son talent , immense, de sa créativité, sans limite, c'est une leçon comportementale existentialiste: soyez vous-même, ne renoncez jamais à rien, surtout pas à vos rêves.


Thibault Ponroy

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