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Etrange spectacle télévisuel que celui des commentaires des résultats du premier tour de l'élection présidentielle dimanche dernier.
Journalistes et acteurs politiques ont passé près de 3 heures à commenter des résultats qui se sont modifiés au cours de la soirée et en ont tiré des conclusions partielles.
Certes, nous n'avons assisté à aucune inversion de classement mais, d'une part, l'écart final de voies entre les deux premiers candidats a été finalement beaucoup plus serré qu'annoncé par les premiers sondages et, d'autre part, le score de Marine Le Pen a été inférieur de plus de deux points aux pronostics de début de soirée.
Le malaise vient que des conclusions définitives ont été tirées et restent aujourd'hui dominantes.
Non la gauche n'est pas majoritaire au soir du premier tour.
Oui Nicolas Sarkozy est arrivé deuxième au soir du premier tour, une première pour un Président sortant, mais le nombre de voies autour de sa candidature est infiniment plus important que celui obtenu par Jacques Chirac, pourtant arrivé en tête au soir du premier tour en 2002.
Non la progression de Marine Le Pen n'est pas si pénétrante que cela et elle recueille quasi le même nombre de voies que son père en 2002;en analysant faussement son résultant, on sur-pondère son influence dans le cadre du deuxième tour.
Finalement ne faudrait il pas interdire les sondages, non pas jusqu'à la fermeture des bureaux de vote ,mais à la proclamation finale des résultats ?
Thibault Ponroy
À qui fera t on croire que Dominique de Villepin n'a pas été en mesure de trouver 500 parrainages pour sa candidature à l' élection Présidentielle ? Qu'un ancien,Premier Ministre,Ministre des Affaires Étrangères et Directeur du cabinet de Jacques Chirac, alors Président de la République, ne soit pas capable de collecter 500 signatures !
En Fait Dominique de Villepin n'a jamais voulu être sincèrement candidat, il a simplement cherché à exister dans cette période de pré-campagne Présidentielle,lâcher sa bile contre son ennemi de toujours,sans lequel,finalement, il n'existerait pas.
Reste,qu'une nouvelle fois, Dominique de Villepin a esquivé le combat électoral et la confrontation directe avec les électeurs.
C'est plutôt moyen pour un grand donneur de leçons !
Thibault Ponroy
Enfin nous y voilà, le dernier épisode de la série quinquennale à été diffusée hier soir.
Happy end as usual, Marine Le Pen a trouve ses 500 parrainages !
Quel doute, quelle angoisse , quelle incertitude, la démocratie était en jeu, elle a failli vaciller, que dis je , trembler, s'effondrer et périr.
Et puis, comme à chaque élection présidentielle, le candidat du Front National a obtenu ses parrainages ; et puis, comme d'habitude, tout le monde est tombé dans le piège et le débat électoral s est en partie cristallisée sur ce sujet; bien sûr pas exclusivement, mais beaucoup quand même.
Il n'y a jamais eu véritablement d'enjeu sur cette question ; ce n est qu'un des aspects de la stratégie de victimisation du Front National.
Faisons le pari que nous aurons droit au même numéro de lapin lors de la prochaine élection présidentielle en 2019.
Un nouveau débat s'ouvre, celui de l'égalité du temps de parole entre l'ensemble des candidats, nonobstant leur représentativité au sein du corps électoral.
À l'instar de celui sur les parrainages, on y a déjà eu droit lors des dernières élections présidentielles et, à l'instar de celui-ci, plus personne n'en a parlé entre les deux élections.
Le déroulement des précédentes élections a clairement démontré que cette règle n'a pas impact négatif sur le bon déroulement de la campagne et son résultat final.
Il est vrai que c'est essentiellement un débat au sein de la presse que cela perturbe dans la gestion de ses taux d'audience.
Cette règle égalitaire est finalement une respiration salutaire dans le temps démocratique que de permettre à de petites formations politiques ou à des courants d'idée minoritaires, voire marginaux, l'accès aux médias nationaux.
Thibault Ponroy
La loi électorale requiert des candidats à l'élection présidentielle d'obtenir le parrainage de 500 élus; ce chiffre a d'ailleurs été porté de 100 à 500 pour éviter les candidatures farfelues.
Comme à chaque élection présidentielle, le candidat du Front National, en l'espèce Marine Le Pen, peine, ou dit peiner, à recueillir ses 500 signatures.
Le débat est désormais lancé de savoir s'il est normal qu'une candidate, dont les sondages la situe approximativement à 18% des intentions de vote, puisse être privée de concourir à l'élection présidentielle, faute d'avoir les parrainages suffisants.
Quelques commentaires:
D'une part, une nouvelle fois, spécialité bien française, le débat sur la légitimité du palier des 500 parrainages est ré-ouvert au dernier moment et ceux parmi les acteurs politiques, quand bien même non supportif du Front National, s'émeuvent de l'éventuelle non participation du front National à la prochaine élection présidentielle, aurait pu anticiper cette question et faire en sorte qu'elle soit résolue en temps utile; ne serait ce que parce qu'il est toujours préférable qu'une colère, même extrême, s'exprime dans les urnes que dans la rue.
D'autre part, c'est un nouvel exemple de dilution et de transfert de responsabilité en laissant aux seuls élus à trancher le dilemme entre ne pas favoriser une candidature dont les valeurs sur lesquelles elle s'appuie sont répulsives et prendre le risque d'exclure, au premier tour de l'élection présidentielle, près d'un 5ème du corps électoral.
Enfin, une pierre dans le jardin de Marine Le Pen car sa difficulté à recueillir ses parrainages illustre aussi l'échec de sa stratégie de "dédiabolisation" du Front National et ce n'est pas en s'exhibant au bal viennois de la droite européenne la plus extrême qu'elle va faciliter sa recherche .
La question se pose désormais de savoir si finalement elle n'a pas choisi le même registre de victimisation que son père et n'aspire pas, à ce stade, et contrairement à ses affirmations, à gouverner.
Thibault Ponroy
SeaFrance, compagnie de transport maritime entre la France et l'Angleterre vient d'être déclarée en liquidation judiciaire par le Tribunal de Commerce de Paris.
Chacune des parties intervenantes rejette la responsabilité sur l'autre et le débat est maintenant pollué, d'une part, par un soutien gouvernemental tardif, manifestement électoraliste, envisagé sur un projet Scop de reprise par les salariés et, d'autre part, une mise en cause du comportement de la CFDT local.
Comment en est on arrivé la ?
- Une absence de vision - ou un refus d'assumer- sur l'évolution nécessaire d'un business model rendu plus difficile par la développement de la concurrence du transport humain et marchandises via le tunnel sous la Manche inauguré il y a maintenant près de 2O ans!
- Une paix sociale achetée par une Direction locale, paralysant ainsi toute évolution du business model mais un actionnaire, la SNCF, en l'espèce complaisant et l'actionnaire de l'actionnaire, l'Etat, tout aussi absent.
- Un comportement semblerait il manifestement inapproprié des structures CFDT locales, dénoncé dès 2009 par un rapport de la Cour des Comptes et la presse régionale (paradoxalement condamnée pour diffamation à l'époque), mais une structure syndicale nationale CFDT longtemps complaisante.
- Des salariés (1100) qui ont aussi leur part de responsabilité dans cet autisme collectif et le maintien des freins à l'évolution, notamment syndicaux, car il s'agissait principalement de la préservation de leur outil de travail.
Mais plus qu'un autisme collectif, c'est un formidable gâchis à la française qui met en jeu tellement d'acteurs qu'il permet ainsi la dilution de responsabilité et le déni de réalité.
C'est une vraie spécificité française que de ne pas vouloir anticiper l'évolution des différents modèles qui façonnent notre société; qu'ils soient économiques, sociaux, financiers...nous partageons une paralysie nationale à envisager et gérer leur mutation et c'est trop facile d'en rejeter la responsabilité sur les seuls politiques.
Cette situation est aussi un facteur aggravant d'un chômage structurel français (à ce jour 14,5% vs 10,2% de moyenne européenne)lié en partie à un retard quasi permanent d'adaptation aux mutations technologiques et concurrentielles.
Bien évidemment nous ne tirerons aucune leçon des conséquences de la liquidation de SeaFrance et il est à craindre que dans les mois à venir de telles situations se reproduisent mais, finalement peu importe, puisque personne n'est responsable.
Thibault Ponroy
L'Assemblée Nationale vient de voter en première lecture la loi pénalisant les contestations de génocide.
Sujet difficile et obscurci par une absence de débat de fond structuré et organisé mais aussi par la violence de la réaction turque qui en a fait une loi limitée au seul génocide arménien de 1915.
La vraie question n'est pas tant la pénalisation de tout acte de contestation d'un génocide reconnu par la loi, car il n'est aucun sens de faire une loi de condamnation sans sanction mais est ce le rôle d'un parlement national que de dire l'histoire; est ce sa fonction de qualifier et de déterminer des conséquences pénales à des faits historiques dans lesquels, en l'espèce la France, n'a aucune part, tant directe qu'indirecte.
Toute comparaison avec le génocide juif n'aurait aucune valeur car la France a sa part d'antisémitisme historique et de complicité avec les nazis dans l'orchestration de l'élimination d'un peuple.
Le risque des lois mémorielles et de constituer une histoire officielle -voire une vérité officielle- avec les risques de réécriture que l'on connait; l'analyse historique n'est jamais figée, elle doit être source d'analyses, de débats, de controverses surtout pas de moral alourdie par des considérations politiciennes, dont le contexte actuel pré-élection présidentielle en est malheureusement l'illustration.
Il faut laisser l'interprétation et la compréhension de l'histoire aux historiens, le rôle des politiques est de la faire.
Thibault Ponroy
Mouammar Kadhafi est mort, sa disparition est une véritable libération pour le peuple libyen et la démocratie mondiale.
La Lybie va pouvoir enfin se plonger dans sa reconstruction difficile et la mise en oeuvre, puis l'apprentissage, d'institutions démocratiques dont elle n'a jamais eu l'expérience; elle s'y habituera.
Les circonstances de sa mort sont à l'image du chaos libyen et de l'amertume d'un peuple sous le joug d'une tyrannie ubuesque et sanglante depuis 42 ans.
Cependant regrettons que Mouammar Khadafi n'ait pas été arrêté puis jugé devant la Cour Pénal Internationale pour crimes contre l'humanité, crimes dont il avait été inculpé par cette même cour.
Cela aurait permis à la Libye de se pencher plus sereinement sur son passé et à la communauté internationale de se trouver aussi confronter à certaines de ses lâchetés et complaisances envers l'ancien régime libyen.
La Lybie n'échappera à cet exorcisme, il eut mieux fallu qu'elle le partage.
Pour qui sonne le glas, il sonne pour toi Mouammar.
Thibault Ponroy
Réactions vives de Christine Boutin, et, plus inattendue, aussi de la part de Nicolas Sarkozy, quant a la première primaire socialiste organisée pour la désignation de leur candidat à la présidence de la République.
Selon ces derniers, une telle initiative serait contraire aux institutions de la Vème République.
Certes les statuts de l'UMP prévoient la possibilité de recourir au système des primaires pour le choix du ou de la candidate à la présidence de la république et la tentation est assez forte de renvoyer N Sarkozy et C Boutin à leurs chères études.
Cependant force est de reconnaître que , en votant la réduction du mandat présidentiel à 5 ans, à l'instar de la majorité des démocraties occidentales, nous n'avions pas nécessairement anticipé l'impact sur les institutions, d'une part en définissant une durée égale pour les mandats présidentiel et ceux de l'assemblée nationale, mandats par ailleurs aujourd'hui concomitants, et, au-delà du mode de fonctionnement personnel de Nicolas Sarkozy, le nouveau dimensionnement de la fonction de Premier Ministre.
Par ailleurs, nous n'avons non plus pas encore expérimenté l'impossibilité du non renouvellement, à l'issue de deux fois 5 ans, du mandat présidentiel; particulièrement dans un pays comme la France où on préfère les joutes électorales aux débats de fond.
C'est pourquoi, s'agissant de la primaire organisée par le Parti Socialiste, on peut légitimement s'interroger si l'initiative d'une telle procédure de désignation entre dans le rôle des parties dévolues par la constitution de la Vème république et, son éventuel impact de légitimité sur un candidat investi par un corps électoral de 2,8 millions d'électeurs, dans une élection présidentielle par nature constitutive d'un lien particulier avec le peuple.
Je ne suis pas constitutionnaliste mais il me semble, de prime abord, que le parti socialiste est dans sa mission dévolue par la constitution en prenant l'initiative d'une telle procédure avec deux réserves, d'une part, celle de l'aspect censitaire du scrutin, quand bien même limité a un euro symbolique et, d'autre part, la déclaration de souscription aux valeurs de gauche dont je ne suis pas sûr qu'elles soient communément connues et constitutives d'une déclaration préalable à la participation à un scrutin réputé par ailleurs public.
Le système des primaires est il de nature a remettre en cause la nature du lien personnel entre un homme ou une femme et le peuple français, tel que l'avait souhaite le Général De Gaulle, comme l'ont soutenu les opposants à la primaire.
La encore trop tôt pour conclure mais deux remarques: La première est qu'aucun(e) candidat(e) en France n'a pu jusqu'a présent accéder à la magistrature suprême sans le soutien ferme et résolu d'un parti structuré; on l'a vu en 2002 avec l'échec de la candidature d'Edouard Balladur. Ce lien particulier a pu se constituer a travers le soutien d'un parti, peu important la forme de l'investiture, et ne s'est finalement et définitivement tissé que lors de l'élection finale en émergeant au deuxième tour. La deuxième, c'est le risque de voir le jeu politicien biaiser la régularité d'une primaire et consacré un(e) candidat(e) non approprié(e).
La question de la légitimité m apparaît plus sérieuse.
Première fois dans l'histoire de notre république qu'un candidat à la magistrature suprême aura été choisi par un corps électoral de près de 3 millions de personnes, au-delà de sa structure partisane d'origine et , en dehors de l'élection présidentielle, plus qu'aucun autre élu en France.
La réponse appartient désormais à François Hollande de savoir ce qu'il fera de cette légitimité nouvelle et comment il va capitaliser le fait qu'il n'est désormais plus, qu'il le veuille ou non, un candidat normal.
Sa responsabilité est énorme et pas uniquement liée au fait qu'il sera, ou ne sera pas, finalement élu; elle est aussi "comportementale" et décisive dans l'évolution de nos institutions et , notamment, vers cette VIème république souhaitée par certains socialistes.
Thibault Ponroy
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