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 «Pour en finir avec le Queuillisme»

 

"Lundi, l'ex-conseiller de François Mitterrand et «visiteur du soir» de François Hollande, Jacques Attali, a porté le coup de grâce sur son blog, avec un billet acide intitulé «Pour en finir avec le Queuillisme» (Président du conseil radical-socialiste sous la IVe République, Henri Queuille est, pour certains, le symbole de l'immobilisme en politique, NDLR). «L'inaction n'est jamais une solution» et «se tromper n'est jamais pire que de ne rien faire», écrit Attali, sans citer Hollande. «Non, la lâcheté, dans la vie publique comme dans la vie privée, n'est jamais porteuse d'avenir, poursuit l'éminence grise. En ces temps difficiles, où la résistance, le courage s'imposent, le Queuillisme est l'ennemi. Encore faut-il avoir une solution à proposer et le courage de la mettre en œuvre.»
C'est un extrait d'un article publié dans la Figaro du mardi 12 août est signé par Solenn de Royer.
Constat brutal mais tellement prévisible compte tenu de la personnalité de François Hollande si proche de celle de Jacques Chirac.
Une campagne basée principalement sur de l'anti Sarkozisme ; un programme politique bâclée et non basée sur une analyse objective de la situation réelle du pays,notamment sur le plan économique; des engagements irréalistes, chaotiques et liés à l'humeur politique du temps (sur le chômage, la pression fiscale,la réforme fiscale...); un nombre incroyable de dispositions légales annulées par le Conseil Constitutionnel, à croire que c'est devenu une tactique gouvernementale pour gérer une partie extrême de sa majorité. Un début de detricotage de lois récemment votées par le Parlement, qu'elle soient fiscale ou immobilière pour ne citer que la loi Dufflot et participant au parasitage de lecture de l'action gouvernementale.Un nouveau dérapage désormais inévitable de la dépense publique qui ne pourra plus être compensé par une nouvelle pression fiscale.Un discours sur l'Europe, devenu bouc-émissaire d'une irresponsabilité nationale. Une réforme territoriale qui ressemble plus à un jeu de Monopoly et dont les joueurs exclusifs sont les barons du socialisme et sans vision claire des économies à la clé.Un discours présidentiel pusillanime et qui participe à la decridibilisation globale de la parole politique ainsi qu'on a pu le constater lors de l'intervention du 14 juillet: tant de discours pour rien !
Un Premier Ministre omni-communicant à l'instar d'un de ses prédécesseurs au poste de l'intérieur mais qui fait semblant de croire que communiquer c'est gouverner.
Un refuge dans la commémoration portée par les hasards du calendrier de l'histoire mais sans aucune mise en perspective, notamment de ce fameux courage dont parle Jacques Attali.
Une dérive compassionnelle de l'intervention présidentielle à l'occasion du  moindre drame ou accident de la route.
Une croissance en panne notamment en raison d'un problème de confiance des principaux acteurs économiques.
A cela on rajoute une situation internationale particulièrement instable en Irak, au Moyen Orient et en Ukraine.
Le bilan est globalement désastreux et surtout n'apporte aucune vision d'avenir; ni à gauche, ni à droite et encore moins à l'extrême droite.
La vraie question est comment dépasser ce simple constat ?
C'est la question des réformes structurelles. Parce que l'environnement économique de la zone euro a changé depuis les crises de 2008 et 2011, parce que l'Europe et donc la France ne reviendront pas aux modèles d'avant ces crises, il faut impérativement réfléchir à développer un nouveau modèle.
C'est aujourd'hui le défi collectif auquel nous sommes globalement confrontés mais il faut commencer par accepter l'obsolescence des modèles existants.
Quels sont les innovations et les secteurs qui porteront la croissance de demain ? Quelles réformes mettre en oeuvre pour favoriser leur émergence ? C'est là aussi que l'on constate que l'on est à un moment particulier de l'Histoire.
Seul le Président de la République à les moyens constitutionnels de sortir de cette impasse, encore faut-il, pour reprendre les commentaires de Jacques Attali "avoir une solution à proposer et le courage de la mettre en œuvre".


Thibault Ponroy